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mercredi 15 février 2017

A Normal Lost Phone - Call Me Maybe

Je joue rarement sur mon téléphone: habitué des manettes, j'ai un a priori sur le gameplay tactile, et les jeux proposés me semblent être des bouffe-temps répétitifs sans but. Mais il existe des propositions intéressantes sur ce support, comme A Normal Lost Phone.
A partir d'un téléphone perdu, le joueur doit retrouver des informations sur son propriétaire, et va progressivement reconstruire son parcours et sa vie.

L'idée de base est très bien trouvée: l'interface donne l'illusion de fouiller un véritable téléphone, et les indices pour débloquer chaque élément ou application viennent naturellement. La déduction des différents mots de passe se fait par des réflexions logiques et ancrées sur les informations personnelles que l'on récolte au fur et à mesure sur le propriétaire du téléphone. D'abord voyeuriste et prenant plaisir à découvrir une vie privée, le joueur finit par comprendre les doutes et difficultés de cette personne, menant à un choix final fort à propos.

Ayant un peu entendu parler du jeu, je cernais d'avance la thématique: l'approche originale sert de belle manière le propos, même si parfois j'ai eu la sensation que l'aspect informatif / éducatif était un peu trop forcé. Mais c'est un passage obligé pour sensibiliser et expliquer aux joueurs les points abordés par le jeu.

C'est une porte d'entrée intéressante sur ces thèmes (que je ne peux pas spoiler, sous peine de retirer un des principaux intérêts du jeu). En à peine 2 heures, il y a de quoi faire plaisir aux amateurs d'énigmes et en sortir plus instruit.

jeudi 1 septembre 2016

Pokemon Go - Feel Good Hit of the Summer

Déjà trop vieux à l'époque, je suis passé à côté de la vague Pokemon à la fin des années 90: j'avais revendu ma Gameboy depuis des années, je ne connaissais pas le dessin animé et le concept de collection me passait au dessus de la tête. J'avais essayé de jouer au premier jeu via un émulateur sur le PC de mon frère, mais j'ai juste réussi à la faire planter et passer par la case réinstallation.
Et nous voilà à l'été 2016 où d'un seul coup, un jeu mobile affole le monde, au point de faire la une des journaux télé: Pokemon GO.


La vague avait commencé par toucher de nombreux pays, puis le monde, sauf un petit pays qui résistait à l'envahisseur, avec l'application indisponible officiellement en France. Une rapide recherche Google a permis à beaucoup de découvrir les joies du téléchargement de fichiers apk et de commencer à se balader dans les recoins de l'hexagone. Et cela m'a fait sourire de sortir du métro un 14 juillet, et tomber sur des groupes de dresseurs découvrant les joies du 14e arrondissement.

Puis vient le jour de la sortie officielle, et la curiosité m'a poussé à voir de quoi il en retournait. Grave erreur, c'était parti pour rester collé à l'écran de mon téléphone et guetter tout signe de mouvement d'un Pokemon à proximité. Alors en vacances en Bourgogne, la réception n'était pas souvent en 4G, et les monstres de poche ne se bousculaient pas au portillon. Mais malgré tout, la moindre église ou mairie était devenue une arène protégée par des monstres déjà bien expérimentés, et chaque promenade à travers champs ou forêts était l'occasion de dénicher de belles surprises.

Et de retour sur Paris, c'était le moment de rager car le Pokestop à proximité de mon appartement était juste au delà de la limite d'activation... Chaque passage de tramway en allant vers le boulot était l'occasion d'essayer d'attraper des pokemons au passage, le téléphone calé au fond du sac, tout en emmagasinant les kilomètres pour les oeufs à éclore. Le titre a apporté une nouvelle image du jeu vidéo, le faisant sortir des salons et chambres pour le plein air, poussant les joueurs à échanger et participer dans le monde physique. C'était impressionnant de voir la foule au parc de la Villette courir dès l'apparition d'un Léviator, pour des raisons différentes de celles connues depuis 2015.

Et puis les beaux jours sont partis, mon manque d'intérêt pour Pokemon s'est réveillé (le jeu ne propose pas un gameplay très intéressant), et je l'ai désinstallé. "L'été qui s'achève, tu partiras, à cent mille lieues de moi..."

vendredi 1 juillet 2016

Her Story - All about Eve

Je n'aime pas jouer sur mobile. C'est peut-être lié à mon attachement au jeu vidéo sur ordinateur ou sur console, mais j'ai besoin d'une manette ou d'un pad (voire d'une souris) pour interagir avec ce qui se déroule à l'écran. Mes doigts sont soit trop gros, soit pas assez habiles pour être à l'aise avec une surface tactile, et les simulations de pad tactile me semblent être une hérésie par rapport aux sensations offertes par un véritable contrôleur. Mais certains titres peuvent proposer un gameplay cohérent entre leur contenu et l'interface utilisée, et offrir à cette occasion de nouvelles perspectives ludiques, comme Her Story.


Face à un terminal dans un commissariat, le joueur découvre un extrait vidéo d'un interrogatoire réalisé en 1994: une femme, Hannah, apprend que le corps de son mari, disparu depuis plusieurs jours, vient d'être retrouvé. Partant de ce postulat, des mots clés peuvent être saisis pour consulter la base de données du terminal et trouver d'autres éléments du témoignage de cette femme, et essayer de découvrir la vérité sur cette affaire.

Très original, ce titre repousse les limites de ce que l'on considère comme un jeu vidéo, avec une expérience proche du film Memento avec une dimension interactive. Le scénario est très malin (écrit par Sam Barlow, à l'origine de jeux Silent Hills récents), en restant cohérent malgré une narration non linéaire, dépendant des recherches du joueur. Avec une mise en scène dépouillée, l'histoire trouve tout son impact dans le jeu de Viva Seifert dans le rôle d'Hannah: l'ensemble des bouts de vidéos représente environ 1h30 de monologues, réponses à des questions qui ne sont jamais présentes dans les enregistrements mais qui sont parfaitement claires d'après ses réactions, et variations au fil des différentes journées de témoignage.

En rupture avec les jeux usuels il n'y a pas de fin: une fois certaines vidéos clés consultées, la vérité semble être connue, un élément extérieur nous invite à fermer le terminal, mais toutes les vidéos n'ont pas été forcément consultées. On recherche alors des mots très génériques (des nombres, yes, no, etc.) afin de récupérer toutes les informations, croiser les faits et faire la lumière sur certains éléments troublants. En regardant sur des forums, il peut être étonnant de lire certaines interprétations de l'histoire, alors que des détails retirent toute ambiguïté pour les joueurs attentifs.

Et le terme de joueur devrait être remplacé par acteur ici, au vu de certains éléments qui m'ont mis mal à l'aise au premier abord (ne comprenant pas exactement ce qui venait de passer sur mon écran), mais qui renforcent l'implication dans l'histoire en lui donnant une dimension encore plus tragique.

Il ne m'a fallu que deux sessions d'environ une heure trente pour faire le tour des vidéos, soit une bonne durée pour cette expérience unique (mais sans rejouabilité). Jouer à Her Story sur son portable est pratique (attention la surchauffe tout de même), mais rien ne vaut un véritable ordinateur et clavier pour profiter pleinement de l'ambiance. Et encore, il faudrait trouver un moniteur 4/3 jauni par les années, une tour ventilant bruyamment et un clavier claquant à chaque frappe pour appuyer d'autant l'immersion.